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Ferry Guadeloupe

La Désirade : la navette de Saint-François

La Désirade se rejoint en bateau depuis Saint-François, en une quarantaine de minutes de traversée. Deux allers-retours par jour, un planning qui change selon le jour de la semaine et un dernier départ en fin d'après-midi : voici ce qui se joue avant l'embarquement, sans horaire présenté comme définitif.

Un bateau de passagers amarré à la gare maritime de Saint-François, des voyageurs montent à bord avec leurs sacs.
À Saint-François, la navette pour La Désirade part de la gare maritime, le même port que les liaisons vers Marie-Galante et Les Saintes.

Une île à l'extrémité est de l'archipel

La Désirade ferme l'archipel guadeloupéen à l'est. L'île s'étire sur une dizaine de kilomètres, sèche et calcaire, et ne compte qu'une commune, dont le bourg s'appelle Beauséjour. Pour un visiteur, la question du transport se règle donc en une phrase : on y va par la mer, depuis Saint-François, et tout le reste de l'organisation en découle.

La traversée représente une douzaine de milles nautiques, soit environ vingt-deux kilomètres de mer ouverte sur l'Atlantique. Le chiffre surprend souvent : l'île paraît proche depuis la pointe des Châteaux, mais le bateau suit un chenal et non une ligne droite. Comptez trois quarts d'heure de navigation dans de bonnes conditions, et davantage si la houle ralentit le bateau.

Cette position expose la liaison au vent et à la houle, bien plus qu'une traversée de baie. C'est une information utile pour qui embarque avec des enfants, ou pour qui supporte mal le roulis : la mer est ici océanique, et le trajet se prépare comme une vraie traversée plutôt que comme une navette de rivière.

Depuis le pont du bateau, des passagers assis regardent la côte basse de La Désirade qui se dessine à l'horizon.
La traversée dure une quarantaine de minutes en Atlantique, sur un chenal exposé à la houle.

Le départ : la gare maritime de Saint-François

Le bateau part de la gare maritime de Saint-François, sur la commune qui termine la Grande-Terre. C'est le même port qui sert aux liaisons vers Marie-Galante et vers Les Saintes : plusieurs destinations se côtoient au même quai, et il faut donc vérifier l'embarcadère et le guichet avant de faire la queue.

La compagnie qui assure la desserte, Comadile, y tient son agence, et dispose aussi d'un guichet sur l'île, à La Désirade. Sur place, prévoyez une marge : le stationnement autour de la gare maritime se remplit les jours de départ, et l'embarquement des passagers avec bagages prend du temps.

Le plus simple reste de traiter le billet avant le jour du départ, par la billetterie en ligne de la compagnie. Le planning publié sur son site porte d'ailleurs une réserve explicite : il peut être modifié, et c'est la billetterie en ligne qui fait foi. Autrement dit, un horaire lu sur une affiche ou dans un guide n'a jamais valeur de garantie.

Deux rotations par jour, un planning qui varie

La desserte fonctionne tous les jours, avec deux allers-retours quotidiens en règle générale. Les horaires relevés sur le site de la compagnie le 25 octobre 2026 dessinent toutefois une semaine irrégulière : départ de Saint-François à 8 heures le lundi, le mercredi, le jeudi et le vendredi, à 8 h 15 le samedi et le dimanche, mais à 14 heures seulement le mardi, sans départ le matin.

Dans l'autre sens, le bateau quitte La Désirade à 6 h 15 du lundi au vendredi et à 7 heures le week-end : c'est le départ des habitants qui vont travailler ou faire leurs courses sur la Grande-Terre. L'après-midi, le retour se fait à 15 h 45 la plupart des jours et à 16 h 15 le vendredi ; les départs de Saint-François suivent, à 16 h 45 ou 17 h 15.

Ce mardi particulier mérite l'attention. Un visiteur qui prévoit une journée sur l'île et se présente au port à 8 heures ce jour-là trouve un quai vide : le premier bateau ne part qu'à 14 heures, et le retour n'est plus possible dans la journée. Le réflexe utile est donc de vérifier le jour de la semaine en même temps que l'heure, puis de recontrôler la veille sur la billetterie.

Le bourg de Beauséjour, ses cases créoles et ses barques de pêche, avec les falaises sèches de l'île en arrière-plan.
Le bateau accoste au port de Beauséjour, le bourg unique de l'île, où se louent vélos, scooters et voitures.

Quarante-cinq minutes en Atlantique

La traversée dure environ quarante-cinq minutes. Ce n'est pas long, mais les conditions changent beaucoup d'un jour à l'autre : par mer plate, le voyage se fait sans histoire, assis dehors ou dedans selon la place ; par houle courte, le bateau tape et une bonne partie des passagers regarde l'horizon.

Quelques usages de bord, sans mystère : rester sur le pont quand on supporte mal l'intérieur, s'installer côté vent quand il fait chaud, garder les sacs entre les jambes plutôt que dans le passage. Les habitués prennent leur précaution contre le mal de mer avant d'embarquer, pas pendant la traversée.

Le bateau transporte aussi bien des visiteurs d'un jour que des habitants chargés de courses. Cette cohabitation donne le ton du voyage : on n'est pas sur une excursion commentée, mais sur une ligne régulière, avec des gens qui ont leurs habitudes et un équipage qui gère l'embarquement au plus vite.

Le billet : 39 euros l'aller-retour adulte

Au 25 octobre 2026, le tarif publié par Comadile pour La Désirade est de 39 euros l'aller-retour pour un adulte et de 25 euros pour un enfant. La compagnie précise que ces tarifs ne sont ni modifiables ni remboursables : c'est une contrainte à connaître avant d'acheter, notamment quand on hésite entre deux jours de départ.

À ce prix s'ajoutent les suppléments éventuels pour un vélo, une planche ou un animal, selon les conditions de transport. Le budget d'une journée à La Désirade ne s'arrête pas au bateau : sur place, il faut compter la location d'un deux-roues ou d'une voiture si l'on veut sortir du bourg, et la restauration, plus limitée qu'à Saint-François.

Réserver à l'avance devient utile dès que la saison se remplit, en particulier pour les week-ends et les périodes de vacances : la capacité d'un bateau est finie, et une journée entière peut se jouer sur la place disponible au retour de 15 h 45.

Ce que l'on peut embarquer

La voiture ne traverse pas : la liaison est un service de passagers, et le véhicule reste à Saint-François, sur un parking. C'est un point qui décide de l'organisation de la journée, puisque tout le programme sur l'île se fait ensuite à pied, à vélo, en scooter ou en voiture de location prise sur place.

L'office de tourisme des Îles de Guadeloupe indique que vélos, scooters, planches de surf et animaux sont acceptés sous conditions. Les conditions, justement, se demandent à la compagnie au moment de la réservation : dimensions, nombre par traversée, caisse ou laisse pour un animal. Mieux vaut poser la question avant d'arriver au quai avec l'engin.

Pour les bagages, la logique d'une ligne régulière s'applique : ce qui se porte à la main passe sans difficulté, ce qui prend de la place se signale. Une glacière, un carton de provisions ou une poussette ne sont pas des cas rares sur cette ligne, mais ils se déclarent.

À l'arrivée : Beauséjour et l'île d'un seul bourg

Le bateau accoste au port de Beauséjour, le bourg principal, où se trouvent la mairie, les commerces et la plupart des services. C'est là que se louent vélos, scooters, quads et voitures, et c'est de là que partent les routes de l'île. Une journée sans moyen de locomotion reste possible, mais elle se limite alors au bourg et à la plage voisine.

L'office de tourisme met en avant quelques étapes : la plage à Fifi pour la baignade, l'anse du Souffleur pour le masque et le tuba, le phare, le cimetière marin, le jardin botanique du Désert, labellisé Jardin remarquable en 2024, et les sentiers de la Grande Montagne ou du Morne Souffleur pour les points de vue.

La topographie impose son rythme : l'île est une dalle sèche, balayée par les alizés, avec peu d'ombre sur les parcours. Les sorties à pied se font tôt le matin ou en fin d'après-midi, avec de l'eau, et les sorties en deux-roues demandent une attention réelle sur des routes étroites.

Le dernier bateau : la contrainte du retour

Toute la journée s'organise autour d'un seul impératif : le dernier départ de La Désirade, à 15 h 45 en général et à 16 h 15 le vendredi, selon le relevé du 25 octobre 2026. Il n'y a pas de retour en soirée. Un retard au retour, c'est une nuit sur l'île, avec les hébergements disponibles et sans garantie de place le lendemain matin.

En pratique, cela signifie rendre le deux-roues ou la voiture avec de la marge, prévoir l'embarquement un quart d'heure avant, et ne pas caler une longue randonnée sur l'après-midi. Le premier bateau du matin, lui, part de l'île à 6 h 15 : ceux qui l'empruntent ne font pas une excursion, ils vont travailler.

Pour une visite d'une journée depuis Saint-François, l'aller de 8 heures et le retour de 15 h 45 laissent environ six heures sur place, embarquement compris. C'est suffisant pour le bourg, une plage et un point de vue ; c'est court pour faire le tour de l'île et marcher longtemps.

Vérifier la veille, et accepter que la mer décide

Le planning publié par la compagnie est explicitement susceptible d'être modifié, et la billetterie en ligne fait référence. Avant de partir, un contrôle la veille puis le matin même évite les mauvaises surprises : un changement d'horaire, un bateau déplacé, une traversée annulée pour la mer.

La saison compte aussi. La période de juin à novembre est celle des systèmes tropicaux, et une houle de nord peut fermer le chenal ; l'hiver et le printemps offrent en général des conditions plus régulières, sans garantie. Aucun de ces constats ne remplace la parole de la compagnie le jour du départ.

Reste une règle simple, valable pour toutes les traversées de l'archipel : l'horaire est une information datée, pas une promesse. On note la date du relevé, on garde le lien de la billetterie, et on accepte qu'un bateau parte quand la mer le permet.